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Nous ne sommes pas partis... donc, nous ne pouvons pas  revenir en arrière !

Nous ne sommes pas partis... donc, nous ne pouvons pas revenir en arrière !

Celle-ci est une de nombreuses écritures sur les murs de la ville de Hatay, ville touchée par le tremblement de terre du 6 février de cette année en Turquie et en Syrie. Un tremblement de terre qui gagnait la magnitude de 7,8 degrés suivi par des dizaines de répliques  qui a laissé un nombre inestimable de victimes et de blessés.

Des mois après cette catastrophe, les autorités turques ont commencé à faire des calculs et des bilans sur les victimes et le drame sur les infrastructures, car au début les aides nationales et internationales sont arrivées tout de suite mais maintenant ... après quelques mois et de retour à la vie quotidienne, il faut que nous nous penchions sur l’avenir de cette ville, de nombreuses familles et surtout de nombreux enfants abandonnés et malades.

En tant que présence franciscaine en Turquie, cette catastrophe ne nous a pas laissées indifférentes, au contraire, même si le tremblement de terre ait été à plus de mille kilomètres de distance,  au nord ouest de la Turquie et aux confins avec la Syrie, pour nombreux d’entre nous, ce moment a été de partager les souffrances et de pleurer avec nos chers Turques. Nous avons reçu nombreux coup de fil, des messages de la part de beaucoup de sœurs et d’amis qui s’intéressaient à notre état de santé, mais nous, nous avions le cœur en cette zone, en nous sentant aussi « sans espoir » en ne pouvant rien faire « tout de suite » pour les autres.

Toutes les églises et les organisations se sont activés pour donner tout de suite une réponse d’aide, chacun dans son petit, ainsi nous, comme communauté, avec les Frères Mineurs de Sainte Marie, nous avons pensé de mettre à disposition nos couvents pour accueillir les victimes, les familles avec leurs enfants, et n’importe qui avait besoin. La Caritas-Turquie nous tenait informé sur les besoins et les urgences, mais nous savons très bien que Gérer une catastrophe de cette entité  est difficile, et le gouvernement a préféré faire tout ù travers les Mairies du pays, pour contrôler les déplacements et l’énorme exode que la Turquie aurait du affronter, avant aussi les élections présidentielles.  C’est ainsi que l’espoir de pouvoir accueillir des familles besogneuses n’a pas pu se réaliser même car nombreuses familles, aujourd’hui même, ne veulent pas abandonner leurs maisons et terrains, par peur.

Avec le passer des mois, nous nous sommes questionnées avec aussi les frères franciscains sur la façon d’agir, quoi faire, comment répondre au cri des nos frères en ces moments.

C’est ainsi qu’un beau jour, à travers un cher ami, Murat Kanberi, et sa femme, Sirin Iskit, qui habitent à Büyükada, volontaires de A.F.A.D. (Groupe de Catastrophes et Emergences) qui ont été actifs pendant les jours plus difficiles du post –tremblement de terre, sauvant des vies et aidant des personnes, nous sommes venues à connaissance d’une grand manque de tout et de nombreux besoins dans la ville de Hatay, où leur travaillent comme volontaires.

Murat nous a raconté que 35 familles de Hatay ont des enfants handicapés et que leur école « spéciale » a été  (danneggiata8 et que maintenant n’existe plus. Ces enfants ont besoin de revenir à leur routine et d’avoir un petit espace pour continuer à apprendre et surtout pour soigner les blessures procurées  à cause du tremblement de terre. C’est ainsi qu’ensemble à Murat et à sa femme le reve a commencé- le projet de construire leur école spéciale, pour eux mais aussi pour nous ; une école chargée de spiritualité franciscaine qui veut redonner la paix à ces enfants et jeunes.

Comment faire ? Quoi faire ?  D’où commencer ? Ce sont les premières questions que nous nous sommes posés, mais la Providence qui ne nous abandonne jamais, mais qui nous a mis à coté ce couple d’amis et ainsi, ensemble, nous avons commencé ce projet très beau, chargé d’espoir et de dialogue.

Pendant la fête du Eid al-Fitr,  fin Ramadan, du 22 au 25 avril nous, Sr Zita et Sr Miriam, et quatre frères : Frère Eleuterio, frère Apollinare, frère Duma et frère Jeff nous sommes mis en voyage vers Hatay, pour voir et toucher la douleur, la catastrophe et embrasser nos frères qui sont encore restés là.

Notre aventure est commencée avec quelques difficultés, l’aéroport de Hatay est encore fermé et nous sommes allés à Adana,  à presque trois heures de voiture de Hata, arrivant là, nos chers amis, Murat et Sirin nous attendaient dans un champs où logeaient les docteurs qui prêtent service comme volontaires en cette zone. L’arrivée a été triste, le silence pendant l’heure de parcours sur les routes de Hatay, a été un coup au cœur ; nous n’avons pas pu entretenir les larmes devant à une telle destruction ; pour nous, les religieuse, c’était la première fois de vivre une telle expérience : Jamais à l’avance nous n’avons vécu l’expérience d’un tremblement de e terre... et maintenant là sur les routes qui n’étaient plus de routes... palais qui n’existaient plus, c’était une émotion très forte. Notre première impression a été l’odeur, qui nous a ramenés aux victimes qui sont encore au fond des décombres et dont l’esprit et l’âme se font sentir dans ce silence qui pénètre...surtout quand le soir tombe.

Dans la ville, il n’y a de place que pour les volontaires : nous avons été inscrits comme volontaires de la Municipalité d’Istanbul, et logés dans un A.F.A.D.

Nous nous sommes sentis une partie d’eux, nous nous sommes sentis unis et proches des victimes.

En ces jours-là, nous avons eu la grâce de toucher la douleur, de pleurer, de penser, de prier, de réfléchir ensemble comme une famille franciscaine car le soir, nous nous sommes confronté devant la douleur et la destruction vécues ensemble et ressenties tout au long de la journée. Nous avons visité les camps, pleines de foules contenant même jusqu’à 300 familles ; nous avons vu les tentes où d’autres personnes vivent dans des condition misérables... et nous avons vu tant d’enfants.. et là nous étions sans voix car il n’y a rien à dire.

Nous avons également visité « notre » école, car les conteneurs étaient déjà arrivés, et nous nous sommes réjouis ensemble de l’arrivé réussie des marchandises, car il est maintenant très difficile que quoi que ce soit arrive dans cette zone ; nous avons remercié le bienfaiteur et sa fille qui nous ont fait don du terrain pour construire l’école.

L’école a été conçue avec quatre salles de classe, une cuisine, un réfectoire, des douches et des toilettes et un appartement pour la famille qui fera office de gardien... tout est prêt et installé, il ne manque plus que la pelouse, les lumières, la plomberie et tout le mobilier pour pouvoir commencer en septembre et accueillir les enfants qui veulent faire partie de cette école.

Comme sœurs Franciscaines Missionnaires du Sacré-Cœur nous nous sentons profondément touchées par ce projet, il nous a fait revenir au cœur notre charisme : l’éducation...et ainsi continuer à prolonger ce que nos premières sœurs ont semé en cette terre de Constantinople.

Nous nous rendons compte de la présence de la Divine providence qui nous accompagne toujours, nous prend par la main sans nous faire jamais avertir l’abandon car notre famille religieuse aujourd’hui a encore beaucoup  à dire et beaucoup à donner ; ° Hatay ensemble aux enfants « spéciaux » même si les religieuses ne seront pas à coté d’eux, notre charisme sera toujours présent.

Les sœurs de Büyükada