Rencontre des consacrés à Chypre
Le 27 décembre 2022, dans l’archevêché maronite à Nicosie, il a eu lieu la rencontre de tous les prêtres, religieux et religieuses de Chypre. Le désir d’une Eglise en chemin nous engage, en particulier en ces jours où nous contemplons l’Incarnation du Verbe de Dieu, à rencontrer le Seigneur avec le cœur, avec la vie et avec la foi.
La rencontre nous a offert des moments de partage et de réflexion sur certaines thématiques fondamentales pour une Eglise synodale. Après l’invocation à l’Esprit Saint, la parole a été donnée à S. Ex. Mgr Selim Sfeir, Archevêque maronite à Chypre. Lors de la fête liturgique pour l’Eglise maronite de S. Stefano, Mgr Sfeir a centré sa réflexion sur la relation nette entre la figure d’Étienne et notre mission, en soulignant la comparaison intrinsèque entre le Noël de Jésus Christ et le « dies natalis » du protomartyr (cf. Actes 6). Hier, le Christ a été enveloppé dans des langes pour nous. Aujourd’hui, St. Étienne s’offre avec des vêtements d’immortalité. Aujourd’hui, l’étroitesse d’une mangeoire a soutenu le Christ avec Dieu. Aujourd’hui, l’immensité du ciel a reçu Étienne triomphant. Le Seigneur est descendu pour élever beaucoup d’hommes.
Mgr Sfeir a souligné que la mission de diffuser l’Évangile nous touche personnellement et nous demande d’annoncer non seulement par les paroles mais surtout par la vie, en témoignant de la joie de l’Évangile et en semant dans la vérité et la beauté, parfois même dans les larmes. Notre tâche très importante est de démontrer, par notre vie, la fraîcheur de la doctrine chrétienne, en utilisant de nouvelles méthodes et formes d’expression, de signes éloquents et de paroles d’une signification renouvelée pour le monde actuel. Mgr Sfeir nous invite à un apostolat tangible sur l’exemple de S. Stefano :
- éclairer le monde avec la joie de l’Évangile;
- donner un nouveau sens aux événements;
- montrer à tous le chemin qui mène à Dieu, à travers la charité.
Dans la deuxième partie de la rencontre, la parole a été donnée au père Bruno Varriano, Vicaire patriarcal latin pour Chypre. Le Père Bruno a remercié Mgr Sfeir pour l’opportunité de vivre ce moment d’unité entre l’Eglise latine et celle maronite. Marcher ensemble, en effet, est le premier témoignage de l’Eglise catholique. Le père a introduit le thème "L’incarnation du Verbe, rencontre avec la fragilité humaine" avec le message vidéo du Custode de la Terre Sainte, frère Francesco Patton ofm, de la grotte de Bethléem.
Qu’est-ce que cela signifie vraiment de célébrer Noël ? Célébrer Noël, c’est acquérir plus d’humanité, c’est aimer l’humanité de Dieu qui s’incarne. Où est notre humanité dans l’incarnation ? Qu’est-ce qui change dans notre vie avec l’incarnation du Verbe ? Pour parler de la spiritualité de l’Enfant, le mot est 'kenosis'. Dieu qui s’abaisse et naît avec toutes les fatigues humaines. Où est notre 'kenosis'?
Le Noël du Seigneur nous apporte la nouveauté du message que l’humanité du Christ peut avoir pour chaque homme et pour la vie et l’action missionnaire de l’Eglise. Nous ne pouvons pas parler d’humanisme qu’à partir de la centralité du Christ lorsque :
- nous accueillons l’homme dans sa réalité;
- défendons l’homme dans sa dignité;
- nous avons un regard d’espérance.
Le père Bruno a développé l’argument de la foi incarnée. Celle qui affronte dans la foi, l’espérance et la charité les fragilités et les inachèvements de nos comportements. Il réfléchit à la question : De quels signes peut-on juger si une personne vit une vie spirituelle? Le vrai signe, selon saint Irénée de Lion, est la charité. Si une personne vit la charité, elle vit donc la vie spirituelle. Argument très cher à notre père Saint François : de l’humilité de l’incarnation à la charité de la passion. Dans le rapport intime avec la personne du Christ et par l’Évangile, à travers les sacrements, la charité, la prière et les pauvres, jaillit l’affectivité spirituelle, relation extrêmement riche de participation et de partage.
L’approche que le père Bruno a adoptée a été vraiment enrichissante et appréciée par tous les participants, surtout pour la perspective de l’homme non pas vu dans des dimensions fragmentées et non communicantes entre elles mais dans la perspective de l’homme trinitaire, tendu vers la transcendance dans une dimension de dialogue, de partage et de participation.
C’était merveilleux d’être ensemble, de connaître les nouveaux religieux et religieuses arrivés à Chypre. En tant que Franciscaines et Missionnaires, nous désirons être une communauté synodale qui s’insère dans les différents contextes d’ethnies et de cultures de l’île. Dans l’entrelacement et dans la rencontre des peuples, nous sommes appelées à garder l’espace ouvert dans lequel tous peuvent se sentir accueillis et atteints par la miséricorde de Dieu. Le pape François soulignait lors de sa visite à Chypre : « Il n’y a pas et ne doivent pas être des murs dans l’Église catholique ».

